dimanche 26 mars 2017

Des lecteurs du soir ? Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage...

      Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
      Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
      Et les mots pour le dire arrivent aisément.
      Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
      Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
      Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
      Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

      Boileau, L'Art poétique



C'est beau, non ? A lire à haute voix, en articulant comme mon grand-père le faisait, pour savourer.


Donc, il y a quelques jours, je me demandais ici comment faire pour qu'un ado de 14 ans reprenne un livre après une lecture qui lui a plu ? C'est ça, être lecteur, non ?


On pourrait dire qu'il faut :

1- Qu'il se considère comme appartenant à la communauté des lecteurs, qu'il en soit fier

2- Qu'il sache ce que la lecture lui apporte, et donc aussi ce qu'il perd en arrêtant ! Qu'il ait développé des habitudes et donc une certaine dépendance par rapport à la lecture comme loisir.

3- Qu'il connaisse ses goûts, qu’il sache quel lecteur il est

4- Qu'il voit ses parents lire ! C'est drôle, hein, tous ces adultes qui regrettent que les enfants ne lisent pas, ou pas assez, ou pas les livres qu'il faut ! S'ils savaient que la balle est souvent dans leur camp !

5- Qu'il sache où trouver des idées de lecture pendant ses années collège (ça, c'est notre travail !)

6- Qu'il continue à trouver des idées de lecture APRES le collège (on peut peut-être donner un coup de main)


Mea culpa, si je ne suis pas trop mauvaise pour faire lire aux élèves des livres qui leur plaisent (billet précédent), j'ai laissé tomber certains de ces objectifs-là. Pour ma défense, je pourrai avancer qu'il est difficile d'agir au mieux quand on voit peu de classes pour des projets lecture, et que depuis quelques années, les élèves fuient les clubs et toutes formes de contrainte sur temps libre.
Mais il doit y avoir quand-même des solutions pour ne rien regretter.
Il faut donc que je reprenne ces objectifs un par un, pour trouver des nouveaux ressorts à ma pratique.



Idée 1 : Pour commencer, je vais essayer de recréer une communauté en imposant des projets communs.

Depuis quelques années, pour ne pas faire fuir les élèves de club, je les laisse faire leurs projets à eux, j'interfère le moins possible. On a même enlevé le mot "lecture" du nom de club, trop risqué !
Mais du coup, on ne monte plus de projets ensemble, on ne fait plus de vidéos de groupe, on ne crée plus de fausses émissions de télé collectives, on ne fait plus l'école buissonnière pour aller choisir des livres à la librairie. Et l'image du club se délite, son identité disparaît.

Il faut que j'essaie de recréer un esprit collectif :
- Trouver une idée fédératrice : un projet unique, une vidéo ou un journal auquel tout le monde collaborera. Je vais opter pour commencer pour le journal, les élèves étant déjà partis sur des petits projets. On verra l'an prochain.
- Refaire des sorties ou organiser des rencontres, et tant pis si c’est une galère à organiser, et que les élèves ont des cours à rattraper.
Photo personnelle
Sortie librairie pour interviewer les libraires.

Et il faut que j'arrive à ce que des élèves viennent (ça parait bête, hein !) :
- Qu'ils sachent que ça existe. Et c'est pas gagné ! Parce que les affiches, n'est-ce pas... Alors quoi faire de plus ? A part passer dans toutes les classes plusieurs fois pour en parler, je ne vois pas. Le marque-page, peut-être ? cf plus bas.

- Donner envie aux élèves de venir. Visiblement, mes TUC ne suffisent plus ! Un collègue va manger à la cantine avec les élèves du club lecture, c'est une sacrée bonne idée. En plus, cela donne une visibilité au groupe.
Pour cette année, je laisse tomber le prosélytisme, mais l'an prochain, il va falloir de la pub et un super projet pour relancer la machine. L'expo Harry Potter postée par une collègue m'attirerait bien ! Du sacré bon boulot ! J'aimerais associer les élèves à la création d'une expo de ce type.



Idée 2 : Pour cette communauté il faudrait un outil de communication fédérateur et durable.

Fédérateur pour faire exister le groupe, et durable pour que les anciens élèves (ou les 4e-3e qui ne veulent plus venir manger des TUC...) continuent à se référer à nos idées de lecture. C'est donc un outil qui peut servir pour aujourd’hui, et pour demain.

Parmi les options possibles, d'ailleurs cumulables :

- Une rubrique dans esidoc, que les anciens élèves pourraient continuer à aller voir ?

- Un bulletin d'info envoyé par courriel ? via Pronotes ? via Folios ?

- Une page facebook ? Elle existe déjà, mais je suis la première à leur dire ne pas s'abonner, de ne pas mettre de commentaires pour ne pas s'exposer... qu'on peut y aller sans avoir de compte...

- Un journal littéraire, avec des conseils de lecture rédigés par les collégiens, disponible en ligne et à la bibliothèque ? Tiens, ça, c'est une idée ! Je suis déjà lancée, je vous en reparlerai ! Je pense utiliser un compte ouvert Madmagz en payant la somme nécessaire à la fin d'un magazine pour obtenir le pdf à imprimer.


Idée 3 : Il faudrait davantage faire connaître les sites qui donnent des idées de lecture, ou créer nous-même des outils

Une idée toute bête que j'ai pratiqué pendant longtemps, et laissé tomber à tort, alors qu'il permet de cibler les lecteurs : créer des marque-pages avec des infos, des sites, les RDV programmés... Les imprimer sur du bristol (attention toutes les imprimantes ne supportent pas cette épaisseur de feuille) et les faire décorer par des élèves, c'est encore mieux.

On peut aussi faire des bulletins A5 "Vous avez aimé ceci, vous aimerez cela" ou "vos parents ont aimé vous piquer ceci, faites-leur lire cela". J'en ai des tonnes dans mes vieux fichiers. Les lecteurs aiment collecter ce type de bulletins. Ils les conserveront, et qui sait, les retrouveront plus tard, dans quelques années.
Si le titre est en caractère à remplir avec des couleurs, les Z adoreront mettre de la couleur, et cela fera d'une pierre deux coups : ils connaîtront l’existence de ces bulletins. A refaire, donc !

On dépouille déjà les sélections des magazines, mais je ne leur ai pas encore fait utiliser des sites comme Babelio. On pourrait aussi chercher des chaînes de booktubeurs.

Logo site
Un des sites à faire connaître

Et pour le point 6, "Qu'il continue à trouver des idées de lecture APRES le collège", on fait quoi, alors ??

Suite au prochain épisode. Il faut déjà que je mette en place les idées de la semaine !
Mais j'ai des pistes ! Et elles sont à chercher du côté de l'outil de communication fédérateur si on a réussi à le créer, du côté des libraires et bibliothécaires, et des collègues de lycée. Il va falloir créer des passerelles.


      Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
      Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage...


mercredi 22 mars 2017

Faire lire, c'est pas sorcier ! Faire qu'ils continuent à lire ? Ce serait magique !


Couverture
La brochure des librairies Sorcières de l'année de mon Bac :
j'avais mis le poster dans ma chambre !
J'ai déjà expliqué ici que les projets lecture comme j'en ai fait pendant des années ne servent sans doute à rien. J'ai d'ailleurs arrêté de me culpabiliser de ne plus mettre en place ces projets lecture traditionnels et souvent d'ampleur.

La remarque d'un ancien élève, croisé samedi à la librairie (pas mal, non ?), m'a fait cependant me reposer des questions sur les projets à mettre en place.
"Je continue à lire, mais ce n'est pas facile. Je ne sais pas quoi lire. Dans le CDI de mon lycée, ce n'est pas pareil qu'au collège. Il n'y a pas de relation humaine comme il y en avait au collège."

Par "relation humaine", faut-il entendre :
- participation à une communauté de lecteur : il a participé activement à l'organisation du Mangamado, notre ancien prix manga, et à tous les moments forts de la vie d'un CDI, rangement, déplacement d'étagères, organisation de projets...
- le fait que, le connaissant bien du fait de tous ces projets, je ne l'ai pas lâché, lui et ses mangas, de la 6e à la 3e.

Il avait fini par se lancer en 3e dans les romans de SF, de fantasy. A la librairie, il avait un manga sous le bras. A-t-il essayé de lire autre chose depuis deux ans ? Et à qui a-t-il osé demander un conseil ?

Alors, qu'est-ce que je pourrais mettre en place pour que les lecteurs de 14 ans ne lâchent plus jamais la lecture ?
Je me suis déjà posé cette question mille fois, j'ai déjà essayé d'y répondre, notamment ici. Mais même si je suis sur la voie, il y a encore des choses à faire. Sérions les problèmes, et commençons par le commencement.


La première question à se poser, c'est comment faire lire des collégiens. Et ça, franchement, c'est pas sorcier !

Pour faire lire des collégiens, il faut mettre dans sa marmite, sous leurs yeux et dans leurs mains :
1- Des "bons" livres adaptés à tous les niveaux de lecture : des romans qu'on ne peut pas lâcher, des beaux albums, des livres documentaires étonnants...
2- Les avoir lus (ça parait bête, hein ?)
3- Ne rien dire quand un "grand" lit un "petit" livre !
4- Bien connaître les élèves
5- Les considérer comme des lecteurs qui ne prennent plus le temps de lire, et surtout pas pour des non-lecteurs. Donc, il faut leur donner du temps de lecture sur place, créer des moments de rencontre avec des histoires, tourner le dos pour les laisser tranquille, et croiser les doigts.
6- Les mettre en confiance depuis la 6e, pour qu'ils reçoivent nos conseils de manière bienveillante

Slogan Librairies sorcières
Slogan Librairies Sorcières
Et dans la marmite des collègues :
7- Qu'ils les emmènent choisir des livres
8- Qu'ils leur donnent du temps pour lire sur place (je n'ai plus de classe en cours régulier, donc la balle n'est pas dans mon camp !)

Et c’est tout !
Bon, on pourrait rajouter qu'ils sachent lire, que ce ne soit pas trop douloureux de déchiffrer un paragraphe et de s'en souvenir, qu'ils comprennent le vocabulaire, les effets littéraires de type flash back, les récits à deux voix... Mais ce n'est pas dans nos missions à nous. Et c'est utile pour qu'ils progressent en lecture, pas pour qu'ils aiment lire.




Par contre, si on veut que ces collégiens lecteurs lisent le soir, et encore mieux, devenus lycéens puis adultes, qu'ils continuent à lire, c'est plus complexe. 


Il faut...

Suite au prochain épisode ! Je peaufine mon plan de bataille avant !
Et puis comme ça, ça fera un billet un peu moins long...

mercredi 15 mars 2017

Vide ton sac

Voici le bilan d'un projet que j'ai lancé avec l'infirmière. D'abord dénommé "Groupe de parole", nous avons finalement opté pour "Vide ton sac".

Après maints et maints ajustements, nous sommes arrivées à une formule qui semble convenir aux souhaits des élèves et des adultes.

Public :
Elèves volontaires de tous niveaux, libres le mardi de 15h30 à 16h30 (une semaine sur deux, toutes les classes sont libérées. Du coup, même les externes peuvent être touchés).

Encadrants :
L’infirmière et le professeur documentaliste

Lieu :
Au CDI, mais le CDI reste ouvert.
Je fais des allers-retours entre le CDI et la salle de travail où ils sont installés. Cela permet de ne pas fermer le CDI, mais aussi d'augmenter le nombre d'élèves qui viennent. Certains élèves changent de salles, s'étant installés au CDI sans trop savoir quelle activité était proposée à côté. J'ai déjà eu l'occasion de regretter qu'ils ne lisent pas les affiches, je rajoute qu'ils n'écoutent pas non plus quand on annonce sous le préau qu'il y a cette activité ! Ils m'épuisent !

Contexte de création : 
Nous avons commencé toutes les deux par animer un club lecture le midi, sur un thème lié au domaine de la santé ou du social (famille, frères et sœurs, harcèlement, ...). Cela marchait bien, mais nous étions frustrés de n'avoir que 30 minutes au maximum, les élèves ayant manifestement des tas de choses à dire. Par ailleurs, l'infirmière avait ressenti le besoin de faire parler entre eux des élèves avec des problématiques douloureuses identiques : je suis tout seul, j'ai du mal à m'intégrer, je me fait embêter, je m'ennuie en cours, je suis tout seul à ressentir cela...

Préalables :
- Charte à signer (confidentialité, respect des autres...)

- Les sujets trop personnels ou familiaux sont écartés pour éviter que des sujets trop privés soient évoqués devant tout le monde

Déroulé d'une séance :
- On se prépare une boisson (chaude ou froide, c'est un mini salon de thé, le CDI...), on profite de ce temps d’installation pour accueillir les nouveaux (il y en a toujours !) pour leur expliquer le fonctionnement
- 15 minutes de "vidage de sac" : "Alors, cette semaine, comment ça a été ? Qui veut vider son sac ?" avec une discussion à bâtons rompus. Pensez à expliquer le sens de l'expression... Les expressions françaises, ça se perd !
- Ensuite, selon la séance et le ressenti des adultes, on laisse la discussion se poursuivre, ou on met l'accent sur un sujet qu'on garde sous le coude (famille, sport, hygiène alimentaire/sommeil, les amis, l'école, les loisirs) ou encore on propose une activité (relaxation, estime de soi, respect de l'autre, atelier d'écriture, dessin...).

Objectifs :
- Offrir aux élèves un moment à eux, où la parole est libre et le contexte convivial et détendu
- Aborder certains sujets parfois sensibles pour les dédramatiser, et le cas échéant essayer de trouver ensemble des solutions
- Leur donner la patate ("La vie, c'est chouette !"), la banane ("Tu sors d'où, toi, pour sourire comme ça ?") et les faire communiquer entre eux, créer du lien, et des liens
- Si des problèmes plus graves étaient détectés, l'infirmière prendrait les élèves en individuel, ou les orienterait vers l'assistant social.

Bilan : 
Maintenant qu'on a fait les ajustements et qu'on s'est rodées, on est vraiment contentes de l'ambiance que cela crée. On a demandé aux élèves pourquoi ils venaient. Un des fidèles nous a dit : "Je ne sais pas, je suis bien, là !". On va s'en contenter, pour garder la patate, et la banane !

vendredi 3 mars 2017

Créer un journal collaboratif avec 1jour1actu

Cette année, au moment du réabonnement à 1jour1actu, j'ai découvert qu'une option était proposée en collaboration avec le site Madmagz.

Cela permet de créer autant de journaux que l'on veut, avec une maquette limitée : une page de couverture, une page de fin (BD et ours), et entre les deux, on met ce qu'on veut, en choisissant entre 4 modèles de pages.

J'ai créé une adresse CDI spéciale pour créer un compte sur internet. J'ai pu ainsi donner les identifiants aux collègues s'ils souhaitent s'en servir de leur côté sans passer par moi.

Pour l'instant, nous avons lancé 3 projets : un journal 6 pages sur une sortie scolaire (EPI 5e architecture et moyen age), un journal 4 pages pour retracer un projet scientifique en 4e segpa, et un journal 4 pages pour un club.

J'ai dans l'idée, vu comment on s'amuse comme des fous avec cet outil, que je vais mettre assez vite les classes de 6e dessus, pour rédiger un journal de leur année, avec un petit peu de chaque classe, les projets, sorties, cours, impressions de début d'année, conseils aux CM2... Cela pourrait être fait en Vie de classe (brainstorming, recherche d'idées, constitution des groupes, démonstration du logiciel) et en français (rédaction et finitions). On pourrait le distribuer à chaque élève de CM2 en fin d'année, en passant par les écoles, ou à la rentrée de septembre. Pour les Portes ouvertes, c'est raté, c'est demain !

Pour ceux qui seraient tentés de se lancer, voici quelques éléments pour démarrer plus en douceur que moi... Ben oui, on a essuyé quelques plâtres.

Préalables

- Prévoir une info (je n'ose plus dire un cours) aux élèves sur les obligations des journalistes : droit d'auteur, droit à l'image
- Si le journal doit être diffusé, prévoir des autorisations parentales (cf exemple rédigé pour notre collège)

Définition du contenu et organisation matérielle


- Brainstorming avec la classe (difficile quand plusieurs classes travaillent sur le même journal) ou entre profs pour prévoir les sujets, le nombre de pages, les modèles de pages choisies, les élèves qui travaillent ensemble. On peut mixer la formule : choisir entre adultes les grands thèmes, le nombre de pages et la maquette, se séparer les pages entre les classes, et ensuite laisser les élèves s’approprier le contenu.

- Nous avons créé un chemin de fer avec 1 post-it par encadré. Le thème était déjà inscrit sur les post-it ou ont été choisis en direct. Les élèves prenaient leur post it, rajoutaient leurs prénoms, et en fin d'heure, recollaient le post-it sur le chemin de fer. Il faut prévoir d'avoir photocopié les modèles de pages possibles en plusieurs exemplaires, pour pouvoir choisir plus facilement :
Document personnel
Notre chemin de fer
- J'ai créé en amont un compte utilisateur par page : page1, page2, page3...
Pour éviter que deux groupes se connectent en même temps, j'ai rajouté un post-it d'une autre couleur sur le chemin de fer. En effet, chaque page ne peut être ouverte que par un seul utilisateur à la fois. Les élèves qui auront reçu l'autorisation de se connecter iront chercher le post-it, qui du coup ne sera plus sur le tableau !
Si vous trouvez ce post-it inutile, imaginez-vous en train de courir entre 12 équipes qui travaillent sur les encadrés devant figurer sur deux pages seulement ! Se souvenir qu'on a dit OK à un groupe pour modifier la page3, c'est mission impossible...

Organisation du travail des élèves


- Pour les textes, j'ai choisi l'option "brouillon à la main" puis mise au propre au traitement de texte. Ne pas les mettre sur le site directement peut être un gain de temps appréciable, puisque du coup, on peut faire travailler tous les élèves en même temps. Le traitement de texte permet en outre de corriger plus facilement (correcteur orthographique + impression plus facile). Dernier avantage et non le moindre : en cas de perte de la page (il y a des bugs, attention !), on a la sauvegarde des textes, il "suffit" de refaire les copier-coller. Le seul inconvénient est que les élèves ne visualisent pas ce que ça donnera dans le journal, ni la longueur nécessaire. Et c'est moins motivant. Il ne faut donc pas tarder à les mettre sur le site.

- Quand on a validé le texte d'un groupe, on peut leur donner l'autorisation d'aller remplir la page sur le site. J'ai mis le lien vers le journal collaboratif dans esidoc. Une fois sur la page, les élèves tapent le nom d’utilisateur de leur page (page1, page2...).

Fin de séance et début de la suivante


On peut imaginer que les élèves n'envoient leur page que quand elle est entièrement terminée.
Inconvénient : des élèves mal intentionnés pourraient entre deux cours aller supprimer le travail des autres, puisque le lien est dans esidoc. Si on donnait le lien via pronotes, le problème serait le même.
Mais comme on tape les textes sur traitement de texte avant de les coller dans le journal, ce n'est pas trop grave tant que la page n'est pas bien avancée.
On peut donc passer le post-it de groupes en groupes, pour que chacun remplisse son petit morceau, pendant les premières heures de travail.
J'ai attendu que les pages soient à peu près terminées pour leur demander de les envoyer. Cela m'a permis de mouliner un pdf intermédiaire pour l'envoyer aux collègues pour qu'ils voient l'avancée du travail et puissent noter les corrections à faire sur les feuilles imprimées.

Par contre, il faut leur demander de bien se déconnecter avant de fermer la page internet.

Au début de la séance suivante, selon l'état d'avancement, on peut mettre directement les élèves au travail, ou, en fin de projet, si les pages ont été envoyées la fois précédentes, on fait un point au vidéo-projecteur.
Je sais, j'ai de la chance, un CDI avec salle de travail, vidéoprojecteur, et ordis en nombre suffisant, c'est pas courant ! Mais avouez que c'est un sacré problème que les conseils départementaux ne sachent pas ce que devrait être un CDI digne de ce nom ! 
On passe en revue les pages pour leur faire prendre conscience qu'ils sont dans un travail collectif, c'est la fameuse conférence de rédaction. Au fur et à mesure qu'on a visionné les pages, on les ré-envoie aux équipes pour les corrections (il y a un bouton spécial).

Après 3h de travail (dont 1h pour le brainstorming) avec une classe de 5e, ils n'avaient encore rien tapé ou presque sur les pages. C'est fou ce que c'est long de faire écrire des élèves. Et encore, ils écrivent sur une visite qu'ils ont faite, il n'y a pas de recherche doc ! J'ai donc récupéré 1h d'étude pour avancer la rédaction et la saisie. Du coup, en 1h de plus, ça a avancé d'un coup. Mais il manque encore des textes, les corrections, et les illustrations. Et je n'ai plus la classe en heure CDI, donc j’attends que la collègue reprogramme une heure de cours.
J'ai aussi appelé au secours le collègue de segpa, pour m'aider à faire écrire les élèves, seule je n'y arrivais pas. Il leur a fait terminer et corriger les textes et les dessins en cours de français, et ils n'auront qu'à les mettre aux bons emplacements avec moi sur leur heure au CDI. Il y a passé 3h !
Il ne faut donc pas se lancer dans ce type de projet si on n'a que peu d'heures, et si on est seul ! Un projet, quoi !


On en fait quoi après ?

Quand on aura terminé, je moulinerai un pdf, il sera mis sur le padlet des journaux dans le site du collège. J'imprimerai une version papier pour le CDI. 

Nous n'avons pas encore décidé si nous allions le photocopier pour chacun des élèves. Ce serait mieux, mais avec 6 pages pour 50 élèves, ça fait beaucoup de photocopies... 
On pourrait prévoir de lui donner vraiment le statut de journal du collège, et le vendre un prix symbolique (quand on paie 10c un journal, on ne le jette pas). Cela permettrait à des élèves qui ne sont pas les auteurs de l'acheter, et ainsi de valoriser le travail des élèves. Aucune décision n'a encore été prise à ce sujet.

BILAN

C'est vraiment chouette comme façon de travailler. Les élèves travaillent comme des journalistes, en équipe. Ils voient le résultat prendre forme. Et c'est très facile à gérer pour le coordinateur adulte.
On peut évidemment faire la même chose avec le site magmaz directement, qui est gratuit dans une certaine mesure, ou avec une maquette créée avec libre office dessin ou scribus, qui serait mise à disposition des élèves dans un réseau. Dans ce cas, le même déroulement de projet serait envisageable.

Quand ce sera terminé, je mettrai à jour ce billet si de nouvelles idées nous sont venues, ou si des problèmes sont apparus. Je mettrai un lien vers les journaux.

mercredi 22 février 2017

Coachs numériques, ou PAO (publication assistée par un organisateur) : la galère !

Cet article est une spéciale dédicace aux collègues qui ont vu dans ce projet une super bonne idée, et qui seraient tentés soit de se lancer, soit de se lamenter de ne pas réussir à faire des trucs aussi bien...
Rassurez-vous braves gens, rien ne marche dans ce projet !
C'est une galère : on rame beaucoup, il y a des courants marins que je n'avais pas prévus, et j'ai des esclaves que j'appelle "coachs" ou "cobayes" selon les défis du jour. Cela dit, on voit quand-même la côte qui se rapproche !

Voici donc un bilan d'étape, et comme la route est longue... il est long ! Préparez les gilets de sauvetage, et un petit Thé-biscuit. Ou bière-Tuc, selon l'heure...

Image libre
En avant toute !

A - Retour aux sources de cette idée :


L'idée ne vient pas de moi. Elle m'a été soufflée indirectement par Serge Tisseron lors d'une conférence à laquelle j'assistai.
Il racontait que dans les entreprises, on donne à un petit jeune un peu geek la mission d'épauler le grand chef pour les questions numériques.
Si on faisait la même chose dans les établissements scolaires, on pourrait profiter des compétences souvent pointues de certains élèves sur le numérique, le matériel existant, et les réseaux sociaux, et donner à des élèves parfois pas très scolaires une reconnaissance qui leur ferait du bien au moral.
Serge Tisseron précisait que si les ados créent, communiquent et rendent service à la société, c'est mieux que s'ils restent seuls avec leurs pratiques de consommation du numérique.

Pourquoi l'idée n'est pas tombée dans l'oreille d'une sourde : 

1.  Ce genre d'idées me plaît ! Dès qu'on rend autonomes les élèves, qu'on leur donne des moyens de s'épanouir, tout en leur faisant maîtriser les choses, je prends !

2. Depuis la rentrée 2016, je ne peux plus former TOUS les élèves aux tâches info-doc, alors qu'on était arrivés à un certain niveau de maîtrise, voire un niveau certain. J'ai réussi à replacer certaines compétences, mais d'autres sont supprimées. Mes craintes sont qu'à l'avenir les projets que je propose devront être simplifiés.

3. Nous ne publions pas assez de comptes rendus de projets sur le site du collège. Il faudrait que je me transforme en reporter pour aller à la pioche aux infos, et c'est hors de question. Donc les travaux des élèves ne sont pas valorisés, et le site du collège ne donne pas une image juste de ce qui s'y passe.

4. Le ministère a dit qu'il fallait apprendre aux élèves à publier. Chiche ! Mais est-ce envisageable que d'un seul coup d'un seul, tout en supprimant les séances EMI-CDI, tous les élèves publient dans les règles de l'art ? Cela me semblait donc intéressant de constituer une cellule de test, et de me saisir de cette injonction officielle pour faire d'une pierre trois coups !


Mes objectifs en tant que profdoc/webmaster/référent numérique étaient donc les suivants :
Remarque préliminaire : quelle casquette fait quoi, je n'en sais rien. N'allez donc pas tirer comme conclusion que ce que je décris ici est un travail de profdoc. C'est une expérience d'établissement, et il se trouve que j'en suis l'instigatrice, c'est tout.

1. Continuer à former les élèves, en me concentrant sur une brigade de coachs numériques, recrutés parmi les élèves les plus à l'aise avec l'informatique, et ayant le sens des responsabilités. Etre geek ne suffit pas, je préfère former des élèves moins forts mais tentés par rendre des services, que d'essayer de mettre du plomb dans la cervelle d'élèves qui savent très bien pirater des comptes facebook... Je sais de quoi je parle, j'en ai ! Ce seront les référents dans leurs classes, des sortes de délégués numériques. Ce petit noyau accédera à une aisance numérique que je ne peux plus faire passer à tous. Et j’espère, par leur intermédiaire, qu'on pourra faire passer quand-même des compétences aux autres, dans un cadre nouveau, rigolo, collaboratif et tout et tout.

2. Diminuer ma charge de travail quand tous les chefs de projets demanderont à ce que les réalisations soient publiées sur le site du collège ! Or j'en suis le webmaster, et la seule à comprendre le fonctionnement. Vive dotclear !

3. Limiter les dégâts de la réforme sur mon image, en devenant clairement la référente et la personne ressource sur ces sujets dans la tête des élèves. Puisque je ne suis plus la seule à faire de l'EMI et de l'info-doc, il fallait que je me trouve une légitimité. C'est juste pour mon moral, pour éviter de me transformer en dame du CDI, comme j'ai commencé à réentendre dans la cour. Si si, ça va très vite !!



B- Les coachs numériques 6e-5e 


C'est une nouveauté février 2017. Au passage, il est à relever que sur les classes de 6e et 5e qui ont eu l'information avant les vacances de février, aucun élève n'avait repéré qu'il existait déjà des coachs numériques 4e-3e, alors que des affiches inondent le collège. Bref !

L'idée est de former 1 ou 2 élèves au moins par classe (sur des heures d'étude ou le midi en club) pour savoir utiliser les outils numériques à leur disposition au CDI et utiles dans les projets : scanner, appareil photo, tablette, liseuse, imprimante...
Les collègues demandent de plus en plus aux élèves de scanner un dessin pour illustrer un poème, de prendre des photos, de s'enregistrer... En cours, mais surtout en travail maison, et pas toujours avec un apprentissage préalable. Or, pas question de me transformer en "soeur Claire", bienveillante et disponible pour trouver un casque, du papier, ou scanner un document... Quand c'était anecdotique, c'était sans problème. Mais cela se multiplie sacrément, justifiant qu'on trouve une autre solution. Voyant ma soupape de cocotte minute commencer à se soulever dangereusement, j'ai proposé de former des élèves référents volontaires dans les classes de 6e-5e.

Ces délégués numériques 6e-5e vont donc apprendre à :
- mettre du papier dans l'imprimante en fermant bien le tiroir (et savoir où aller chercher du papier quand il n'y en a plus, sachant que la réponse n'est pas "au CDI"...)
- scanner des dessins, et les enregistrer dans le réseau
- prendre une photo et la récupérer pour l'enregistrer sur le réseau
- se servir des liseuses (et savoir montrer le fonctionnement à quelqu’un).

Je pense rajouter aussi le fonctionnement d'audacity en 5e, il y a de la demande côté prof.

Une fois la formation terminée, je vais peut-être accoler un autocollant sur les carnets de correspondance. Et sur les heures d'étude, je mettrai les carnets du ou des coachs de l'heure sur un présentoir : "En cas de besoin, s'adresser en priorité aux coachs numériques".
Je vais aussi essayer de formaliser une sorte d'espace avec les outils à disposition, façon fablab ou makerspace (cf cet article sur Docpourdocs). En profiter pour faire évoluer l'image du CDI.

Document personnel



C- Les coachs numériques 4e-3e


Ils ont un engagement à lire, signer et faire signer (cf précédent billet). C'est beaucoup trop compliqué, je simplifierai l'an prochain.
Par contre, au départ, je n'avais pas pensé les former aux éléments déjà cités en 6e-5e, alors il va falloir que je le fasse en préalable.
L'objectif était qu'ils puissent publier de manière autonome les travaux de leurs classes, techniquement et dans le respect de la loi. Pas de coach, pas de visibilité sur le net.
Et c'est là que ça se corse !

Capture d'écran
Publier ? Ben voyons !

1- Cela nécessite qu'ils aient une identité


Questionnement : individuelle ? collective par classe ? pseudo ?
Solution : Mes chefs ont eu une formation où on leur a indiqué qu'il ne fallait pas que les élèves soient identifiables. Donc le prénom et la classe, ce n'est pas possible. On leur a demandé de faire créer des pseudos aux élèves. C'est là qu'on est content que tout le monde ne publie pas... Quand je vois le bazar pour faire créer des pseudos à 6 élèves...
Bref, j'ai commencé par leur demander de se créer une identité virtuelle de coach : un pseudo propre à leur mission (différent de leur pseudo sur les réseaux) et un alias (créé en ligne, ça les amuse).
Un des coachs a commencé à rédiger une charte du bon pseudo. Cela m'a beaucoup aidé, il y a plein de choses auxquelles je n'avais pas pensé (s'ils choisissent XT26big, pensez par exemple à vérifier qu'il n'y a aucune référence à un jeu de guerre...).
Au début on était partis sur des alias farfelus, mais j'ai réalisé que j'aurai besoin de savoir rapidement qui se cachait derrière XT26big... Ils sont donc restés plus sages, et se sont rajoutés uniquement des cicatrices ou des yeux bleus... Ah oui, pensez à conserver dans un classeur toutes les infos des élèves au fur et à mesure qu'ils les créent : "XT26big, c'est Damien"... Pour vous, mais aussi pour eux. 15j après, ils ne savent plus qui ils sont ... Et pensez à trouver un endroit fixe pour le classeur (j'ai déjà perdu des feuilles, ça défile à toute heure de la semaine, c'est un vrai cirque pour s'organiser !). Comptez une heure pour le pseudo et l'alias. Une fois rodés, je veux dire. Parce que nous, ça nous a pris 1 trimestre !

Nouveau questionnement : pour la publication sur le site, on est embêtés parce qu'ils sont souvent plusieurs devant la machine : qui se connecte ? Il faudrait donc plutôt créer des pseudos par classe ? La Team4B ? Et dans ce cas, quel alias ?
Solution : pas encore résolu !! Quoique, aurait dit Raymond Devos... Vous verrez plus loin que pour résoudre un autre problème, cette option de pseudo par classe va sans doute s'imposer.


BILAN : au départ, j'imaginais l'équipe des coachs, s'échangeant des infos via un compte twitter, "tiens j'ai trouvé ce site, cette application, cette astuce..." Donc il fallait des identités, des adresses, des comptes twitters individuels... Face à l'adversité, j'ai choisi de faire plus simple. Donc, les identités virtuelles individuelles, on va oublier !


2- Cela nécessite qu'ils aient une adresse email


Questionnement : Individuelle ? collective par classe ? nomprénom ou pseudo ? Doit-on créer la boite référente de l'élève avec eux, le font-ils à la maison ? Comment les conseiller sur le nom à mettre (le leur ?), quel mot de passe ? Cela a été des heures de réflexion avec les élèves : on commence une inscription, et on se dit toutes les 10 minutes : "et là, on met quoi ? on décide quoi ?" Je note notre bilan pour m'en souvenir à l'élève d'après, qui me fait une remarque qui remet la 1ère décision en cause. Et c'est reparti !
Solution : Les adresses Laposte-éducation (attention, ce n'est pas le même lien que Laposte tout court !) ne demandent pas d'adresse postale, et proposent la création de 5 alias par adresse email. C'est pratique pour créer un alias relié aux coachs, qui est la seule adresse diffusée par l'élève.
On est donc partis sur une adresse Laposte classique "prénom.nom", créée ensemble au CDI (il faut les empêcher de remplir et de cocher toutes les cases. C'est donc mieux de le faire avec eux). Ensuite on a créé l'adresse alias avec leur pseudo de coach. Et j'ai bien tout conservé dans mon classeur : les adresses la poste, les alias, et les mots de passe, en leur promettant "juré-craché, c'est juste au cas où vous perdiez votre MP".

Questionnement
: au moment de leur faire créer une adresse laposte prénom.nom, je leur ai expliqué qu'on allait créer après un alias, qui serait la seule adresse diffusée, pour leur permettre de garder secrète leur adresse Laposte... Et en le disant, j'ai réalisé qu'une adresse prénom.nom, c'est pas hyper secret !!!
Solution : pas de solution. On a juste validé en croisant les doigts pour ne pas le regretter plus tard, mais j'ai quand-même dit à ma fille la semaine suivante de créer une adresse laposte sans mettre son prénom en entier. On devient un peu parano !

Questionnement : j'ai bien pensé rattacher leur adresse à une autre, celle des parents, pour éviter la perte de mot de passe, mais une fois sur place au CDI, personne ne connaissait une autre adresse. Les emails, c'est pas leur univers.
Solution : Problème non résolu


BILAN : trouver un fonctionnement qui ne nécessite pas d'adresse email... (tout ça pour ça !! Oui, mais au moins vous savez pourquoi il vaut mieux s'en passer !)




3- Cela nécessite une plateforme de publication


Questionnement : L'académie ne propose rien qui me convienne, seul dotclear et eva-spip sont disponibles. Le web pédagogique est plus pertinent, mais je n'arrive pas à choisir entre l'ancienne formule et la nouvelle.
Solution : l'avantage de choisir le web pédagogique, c'est que les élèves n'ont pas besoin d'un email pour s'enregistrer. Par contre, ils doivent mettre leur prénom et nom. Donc si on veut qu'ils mettent un pseudo, il faut le prévoir en amont. On a décidé : pseudo en Prénom, et le nom du collège en Nom. Ils sont tous de la même famille, c'est hyper convivial ! Ils créent un compte, et demandent à participer au projet (on leur donne le numéro à taper).
Solution 2 : on adopte l'idée de pseudo pour la classe, et on crée soi-même en amont les comptes. On diffuse les codes une fois créés. Je pense que je vais choisir cette option.

Questionnement : si on choisit cette option du pseudo collectif, sur le web pédagogique : quel alias ?
Solution : je vous en pose, moi, des questions ?...

Questionnement : Un autre outil ?
Solution : n'arrivant pas à me décider à leur faire publier sur le Webpéda, je me suis demandé si je n'allais pas leur faire créer des pdf à partir d'articles rédigés, pour les mettre sur un padlet commun (que je serai la seule à modérer). En même temps, vu qu'aucun projet n'est achevé, et qu'aucun compte rendu n'est prêt, il n'y a pas urgence à décider... Mais ça cogite fort !

Attention : on crée facilement des comptes à droite à gauche, pour tester avant de choisir un outil. On le fait une fois avec sa gmail perso, une fois avec l'adresse du cdi, ou celle des coachs qu'on a enfin réussi à créer. Et on finit par être perdus... Il n'est pas inutile de réfléchir en amont au compte qu'on va utiliser, et à prévoir d'en laisser une trace au successeur éventuel. Il faut aussi penser au fait qu'on devra donner les identifiants aux élèves dans certains cas (canva par exemple), et donc ne pas leur mettre les mêmes mots de passe que les boites de courrier.


BILAN : un pseudo par classe + des comptes Web pédagogique déjà créés par classe et communiqués aux élèves et/ou publication sur un padlet commun modéré par l'adulte chargé des publications (référent, webmaster ou profdoc selon les situations).


4- Cela nécessite des comptes rendus rédigés par les élèves


Questionnement : Un groupe est depuis 3h sur 2 phrases pour rédiger un résumé de leur projet. J'ai imprimé une affiche avec les QQOQCP afin de les aiguiller un peu. Mais je ne peux pas tout le temps rester avec eux, pendant qu'ils sont au CDI. J'ai les autres élèves de l'étude à gérer, et la gestion du CDI à maintenir à flot.
Seule solution : les professeurs porteurs du projet à publier devront rédiger avec la classe le résumé, le compte rendu. Les coachs sont chargés de le mettre au bon format (jpg, pdf...) et de le publier.



5- Cela nécessite qu'ils connaissent (et respectent) la loi : d'auteur, d'images, de citation. 


Questionnement : qui les forme (moi ou les collègues) ? Uniquement les quelques coachs, ou les classes entières ? CF mon billet sur la formation des collègues à ces questions...
Solution : la question ne s'est pas posée cette année, ils ont tous eu les séances de 5e de l'an dernier. Et à ma grande joie et satisfaction, ils ont vraiment retenu les infos.

Questionnement : et l'an prochain ?? Cette année, aucune séance sur ces thèmes n'est projetée.
Solution : Procrastinons !

Questionnement : et les courriers aux familles pour demander la cession de droit d'auteurs ?
Solution : une autre question ?
 

 

BILAN : pour terminer un peu plus positivement sur ce point, voici LA solution, peut-être même la seule raison d'être de ce projet : à chaque publication, les coachs (aidés de leurs profs et classe) devront remplir une sorte de cadre, un cartel mentions légales, avec des indications concernant le respect du droit d’auteur, du droit à l'image. J'ai l’accord de ma principale pour rendre ce cadre obligatoire pour toute publication. Nous allons créer le cadre avec les élèves. Dans un premier temps, les démarches légales se feront a posteriori ("Oups, on n'a pas demandé aux parents..."). Je ne suis pas dupe. Mais à la longue, je pense qu'on arrivera à des automatismes. Et puis les élèves seront les premiers à dire aux collègues que les parents n'ont pas signé. Je sens qu'on va me maudire assez vite...



6- Cela nécessite du temps pour les former...


Questionnement : Partons du principe que c'est le profdoc qui prend en charge ce projet, et qu'il ne forme à la publication que les quelques coachs. On les forme quand ? Sachant que par définition il n'y a que quelques élèves par classe, donc autant d'emplois du temps différents.
Solutions :
- On peut imaginer rassembler les DP le midi avant ou après le repas.
- On peut aussi les former deux par deux, sur des heures d'étude, en leur consacrant au début le temps nécessaire. Il ne faut pas les lâcher dès le début avec de l'auto-formation, ils ne reviendront pas. Je n'ai eu aucun projet entre septembre et janvier, ce qui m'a laissé du temps (beaucoup de temps...) pour le faire. C'est pas compliqué, à chaque fois qu'ils avaient étude, j'étais disponible. Par contre, depuis janvier, le temps me manque du fait des projets qui ont démarrés. Et vu le temps qu'on a passé sur les étapes 1 et 2, ils ne sont pas encore opérationnels pour bosser tous seuls.
- Cette année, nous avons un créneau mardi soir 15h30 libre pour toutes les classes, pour permettre aux collègues d'être tous libérés pour préparer les projets. Je pourrais aussi exploiter ce créneau.
- On pourrait imaginer sortir une fois ou deux les coachs des classes pour une demi-journée, pour les rassembler tous. Comme on le ferait pour les formations de délégués, les répétitions de chorale, une sortie des latinistes... Ce qui m'ennuie, c'est que cela les obligerait à récupérer les cours, ce sont les élèves qui seraient pénalisés.

BILAN : Je n'ai pas de solution pour l'an prochain, mais je sais que je gagnerai beaucoup de temps en éliminant les questions de pseudos et d'adresses. Si je reconduis le projet, il faudra sans doute prévoir en amont le contenu des formations, et prévoir un mélange (telle chose en regroupant les élèves, telle autre sur heures d'étude, telle autre en auto-formation avec des vidéos à regarder...).


Qui est l'auteur de cette belle maxime ? J'en ai largué des choses, pour ne pas sombrer !

 

D- Ce que j'ai abandonné cette année :


1- Qu'ils m'aident à choisir quel matériel acheter. Ils foncent sur les produits à la mode qu'ils connaissent, me vantent les mérites de tel ou tel, sans prendre en compte les exigences d'un achat collectif pour un établissement scolaire. Et c'est bien naturel, un ado reste un ado.

2- Qu'ils m'aident à porter la bonne parole "réseaux sociaux" auprès des 6e-5e

3- Que je réussisse à officialiser le projet comme un élément du parcours citoyen EMC et EMI. Cela nécessiterait de réussir à évaluer individuellement les élèves, et qu'il y ait travail effectif. Pour l'instant, il y a surtout bricolage...

4- Qu'on communique entre nous par email ou twitter. Il est trop difficile de choisir entre connexion individuelle et connexion de groupe, de choisir quels comptes créer, qui le gère, qui écrit. De toute façon, les élèves n’ouvrent ni leurs boites email ni twitter... Un panneau d'affichage au CDI, avec des infos-coachs, les projets en cours avec des post it, suffira amplement !




Conclusion (à défaut de résumer, j'ai essayé de structurer ! Google m'a dit que c'était mieux pour le référencement... Mais c'est une galère sur une plateforme de blog, moi je vous le dis...)
On devrait arriver aux premières publications très bientôt, donc stress : "sur quoi je publie ?"...
Comme je me suis lancée dans la formule très prometteuse de Madmagz avec "1jour1actu", cela devrait faire basculer la balance en faveur du padlet avec les réalisations d'élèves. En effet, on va créer des pdf. Le plus simple dans un premier temps, sera de mettre tout sur un mur : magazines créés, résumés des projets, vidéos, photos... On verra pour un blog dans un 2ème temps.

Comme quoi, c'est pas inutile de citer ses sources...
Pour ceux qui auraient abandonné au grand B numéro 2, et auraient préféré aller tout de suite à la conclusion, trouvant que franchement, j'abuse : retournez quand-même un peu en arrière, afin de ne pas rater LA trop bonne idée du cartel mentions légales ! C'est au C5...