dimanche 10 juillet 2016

Veux-tu monter dans mon tableau ? Ton tableau, il est pas beau. Veux-tu monter dans mon tableau, l'est pas bien beau, mais il fait le boulot !


Mais non, on ne nous mène pas en bateau !
Et bien nous y voilà ! Après discussions avec tout le monde, je pense être à peu près OK pour la rentrée. Certains projets sont déjà calés, d’autres seront à voir à la rentrée (on n'a pas tous les collègues encore, ou alors je n'ai pas osé être trop insistante avec certains).

J'ai essayé de planifier mes interventions sur un tableau à l'année, avec une colonne par semaine, pour voir ce que ça pourrait donner, et ne pas me retrouver avec tout le monde en même temps. Cela se révèle impossible à faire, je vais juste croiser les doigts pour que ça colle à peu près bien, et le cas échéant, demander un ajustement de calendrier si je suis surbookée (ah ah ah...). Je vais surtout remplir ce calendrier au fur et à mesure, pour être capable de faire un bilan en fin d'année, et éventuellement des réajustements pour l'année suivante : modif de calendrier, ou "on avait dit qu'on ferait ça, on ne l'a pas fait, attention pour l'an prochain à tenir nos engagements !".
ça y est, je rejoue la Cassandre, il va falloir que j'apprenne à être davantage optimiste...

J'ai dû sacrifier des choses, mais à la guerre comme à la guerre !

J'utilise plusieurs des options que j'avais déjà présentées : l'heure de vie de classe (quand le PP ne les prend pas, avec l'heure inscrite à l'année toutes les semaines), la co-intervention sur heure de cours des collègues, l'intervention seule avec des demi-groupes (ou la classe entière en cas d'absence du collègue) sur les heures de cours des collègues, et les heures d'études réservées (mais non obligatoires) pour avancer un projet.

Voici le padlet que j'ai créé pour les collègues, et mis dans esidoc, avec le tableau EMI (programmes dépouillés), la liste des projets de base prévus, mon tableau de programmation sur l'année, et les documents d'accompagnement avec notamment les notions info-doc nécessaires pour chaque projet.

Soyons tout à fait clair : ça va être génial, mais tout à fait infernal à gérer...
J'ai donc intérêt à relire mes documents 5S (cf message sur ce blog) pour ne pas devenir chèvre.
Tiens, à propos, voici mon bureau, dont le classement avait bien avancé en fin d'année :
Mais si, c'est classé ! Là, derrière, les deux boites "fiches à remettre" et "fiches introuvables" !

Bonnes vacances à tous, ressourcez-vous, et RDV à la rentrée pour de nouvelles aventures épiques.
J'ai une pensée toute particulière pour les collègues qui ont parlé de leurs soucis sur les listes de diffusion. Je suis atterrée par certaines situations et l’attitude de certains collègues et hiérarchies. Je n'en savoure que davantage la chance que j'ai de travailler dans mon collège. Et je relativise les états d'âmes que j'ai eu. Restons légers et relativisons aussi notre rôle auprès des élèves : si on arrive à leur donner le sourire, des espaces de liberté, à leur proposer des activités qui les sort des tablettes, des livres qui leur mettent des étoiles dans les yeux, si on leur raconte des belles histoires, qu'on leur donne des kleenex en cas de chagrin et des chokobons en cas de coup de pompe, on aura fait une partie du job. EMI, Epanouissement, Médiation, Inventivité...

vendredi 17 juin 2016

La pédagogie passe aussi par la place des chaises !

Afin de donner des arguments aux collègues à qui on assure que le CDI peut tourner sans eux, voici une petite expérience personnelle.

C'est vrai, je suis la dame qui accueille les élèves dans une pièce où on peut lire, travailler, jouer, faire de la guitare, proposer des projets, regarder des expositions. Mais cette pièce, c'est une salle de cours, même pendant la récréation. Le fonctionnement du CDI répond à des objectifs pédagogiques : autonomie, lecture loisir, curiosité, liberté, mise en confiance. Rien n'est laissé au hasard dans mon fonctionnement, ni la place des sièges, ni l'emplacement de la table d'emprunt, ni le bonjour à chaque entrée, ni les rituels de mise en route des heures d'étude.
Je suis prof, je le suis même de plus en plus.

C'est vrai, un CDI peut être techniquement ouvert par un non-prof (ceci dit, quand je vois que les surveillants n'ont pas réussi à gérer les livres, les jeux et les ordi en étude, je me pose des questions sur ce que deviendrait le CDI entre leurs mains !).
Mais il ne s'agit pas uniquement d'ouvrir une pièce. Il s'agit aussi de concevoir son organisation, afin qu'elle réponde aux objectifs, et d’avoir conscience de ces objectifs, heure après heure, pour en assurer la réalisation. Or, cela passe par de l’observation, de l'analyse, des déductions, des modifications, une évaluation. Un travail de prof, quoi !

Et ce qui est vrai pour une séance pédagogique l'est aussi pour la gestion d'un coin à bazar, un rayon moins lu qu'un autre, un magazine pas emprunté.
La semaine dernière, j'ai fait une expérience que j'avais déjà relatée dans un ancien billet : la place des sièges induit l'usage des documents.

J'avais mis un cube dans l'espace roman, mais c'était trop caché de mon bureau, et donc c'était l’occasion de pas mal de bazar. J'ai donc déplacé le cube, et le seul emplacement disponible était au pied d'un pilier, devant le bac à albums.
Immédiatement, j'ai vu que les élèves qui s’asseyaient là tendaient le bras vers le 1er album du bac, et le lisaient. Souvent avec la personne à côté de laquelle ils s'étaient assis. Et une semaine après l'expérience, cela s'est vérifié au-delà de mes espérances, le cube est toujours occupé, et les albums de plus en plus lus.

Il va donc falloir que je pense à changer souvent l'ordre des albums. En général, un élève lit le 1er livre qui lui tombe sous la main. Rares sont ceux qui ont la démarche d'aller chercher un document.

Du coup, j'ai changé un peu l'espace magazines, pour mettre en valeur les 3 magazines d’actualité, que je trouve sous regardés. Comment faire pour qu'ils leur tombent sous la main ??
On verra dans les jours à venir si le nouvel emplacement permet à la presse du jour ou de la semaine d'être davantage vue, et donc lue.

jeudi 9 juin 2016

Un club lecture qui revit grâce à des invités surprise

Je n'arrive plus à faire vivre le club lecture. Il s'est transformé au fil des années en club fourre-tout, où les élèves m'aident à ranger, à tamponner, créent des vidéos (mais ne les terminent jamais, pas grave), font des exposés...
Plutôt que de me désespérer de n'avoir que 3 élèves chaque midi, j'ai abandonné progressivement le club BD, le club manga, le club lecture, et j'ai essayé de regrouper toutes les activités sur deux midis, à 12h. On ouvre un paquet de Tuc en guise d'apéritif, le temps de se répartir entre les activités.
Avec cette formule, ça marche pas trop mal. Je commence l'année avec une vingtaine d'élèves, et je termine avec 5 qui rangent les livres... En janvier, étant donné la chute progressive du nombre de participants, j'ai fini par laisser le CDI ouvert à tous, pour ne pas gâcher mon temps de présence. Du coup, j'avais une petite équipe sur des activités, et des lecteurs ravis de retrouver le CDI ouvert le midi.

Mais si j'arrive encore à avoir un club-CDI, je n'arrive plus du tout à faire lire les élèves en club, à leur faire faire des activités autour de livres qu'ils auraient lu, qu'on critiquerait.
Ce n'est pas un problème en soi, mais je vois quand-même que ce sont toujours les mêmes livres faciles qui sortent, et que si on veut faire sortir d'autres titres moins "vendeurs" a priori, et si on veut pousser certains élèves gros lecteurs à varier leurs lectures, on a besoin d'un cadre de médiation.
Je prête toujours beaucoup de livres, cette année deux fois plus de romans d'ailleurs que l'année dernière, et à chaque récréation le CDI est plein d'élèves qui lisent sur place. Ils lisent, mais ne veulent pas en causer, ce qui se défend tout à fait. Donc comment respecter le fait qu'ils ne veulent pas causer de leurs lectures, tout en les poussant à lire d'autres titres que ceux vers lesquels ils vont naturellement ?

A l'occasion de la découverte d'un roman témoignage sur le harcèlement, j'en ai acheté 5 exemplaires, et j'ai invité l'infirmière à venir parler avec les élèves de ce thème, de manière informelle, un midi.
On a fait très peu de pub (manque de temps, l'affiche n'était pas prête, on n'arrivait pas à se voir) mais on a eu la surprise d'avoir beaucoup de monde (une quinzaine d'élèves dès la première fois), et que les élèves soient demandeurs pour d'autres séances. Le simple fait de dire "l'infirmière vient faire un club ce midi au CDI" a été accrocheur.

Du coup, on se voit tous les 15 jours depuis quelques semaines, le lundi après le repas. Je commence à lire un extrait à 12h45. Pendant que je lis, c'est elle qui accueille les élèves au CDI et les invite éventuellement à venir dans la salle. A 13h, l’infirmière prend le relais 20 minutes pour discuter du sujet. Je les laisse en tête en tête et retourne surveiller le CDI. Parfois, des élèves venus au CDI sans être au courant de l'activité s'invitent et passent leur porte.

C'est un peu court et frustrant, mais la pause est courte le midi, et en général elle n'arrive pas à manger ce midi-là, elle fait le sacrifice de sa pause repas.

Les livres présentés sont dans une caisse dédiée au CDI, et les emprunts sont nombreux.

La formule "invités-surprise" fonctionne, et nous avons d'ailleurs déjà invité l'AS. On pense à diversifier les invités l'an prochain, pour ne pas solliciter l'infirmière trop souvent, même si sa présence est très appréciée des élèves. Ils aiment discuter de sujets qui les touchent, et je la trouve plus légitime dans ce rôle que moi.

On fait le bilan dans une semaine avec les élèves, pour prévoir une reconduction l'an prochain.

vendredi 3 juin 2016

Coachs numériques

Parmi les dispositifs sur lesquels je compte pour m'aider à conserver une légitimité claire aux yeux des élèves, malgré la disparition de beaucoup de séances seuls avec eux, il y a celui-ci :
Afin de compenser le fait que je ne pourrai plus former TOUS les élèves aux tâches info-doc, notamment purement informatiques, je vais essayer de créer une brigade de coachs numériques. Ils seront formés de manière pointue, et seront les référents dans leurs classes. Cela limitera les dégâts, je l'espère, en plus de me placer comme la référente et personne ressource sur ces sujets dans la tête des élèves.

L'idée ne vient pas de moi. Elle a été soufflée par Serge Tisseron lors d'une conférence. Dans les entreprises, on donne à un petit jeune un peu geek la mission d'épauler le grand chef pour les questions numériques. Si on faisait la même chose dans les établissements scolaires, on pourrait profiter des compétences souvent pointues de certains élèves sur le numérique, le matériel existant, et les réseaux sociaux, et donner à des élèves parfois pas très scolaires une reconnaissance qui leur ferait du bien au moral. Et pour reprendre les analyses de Serge Tisseron sur les "bonnes" pratiques numériques des ados, si les ados créent, communiquent, et rendent service à la société, c'est mieux que s'ils restent seuls avec leurs pratiques de consommation.

Les volontaires vont donc m'épauler pour le choix des smartphones à acheter (pour servir d’appareil photo-dictaphone-caméra à moindre coût que des tablettes), vont m'aider à porter la bonne parole "réseaux sociaux" auprès des 6e-5e, et seront chargés de gérer les publications en ligne de leurs classes, dans le respect de la loi. Pas de coach, pas de visibilité sur le net. Hors de question que je me coltine le boulot de publication de tous les formidables travaux d'EPI qui vont se faire sans le prof-doc..

J'ai déjà une dizaine de volontaires. Ce projet rentre dans le cadre du parcours citoyen EMC et EMI, et pourra donc être présenté à l'oral au brevet. J'ai créé une fiche de poste très officielle, avec toutes les compétences qui seront demandées ou développées.

En 5e, je toucherai des élèves de club, qui mettront en ligne avec moi des articles, et qui du coup seront déjà un peu briffés et chauffés pour l’année d'après, ou le 3e trimestre de leur 5e.

Il reste à mettre tout ça en place. Je commence la semaine prochaine à prendre les élèves par petits groupes sur leurs heures d'étude ou le midi pour les DP. On va commencer par se créer des adresses email laposte, des comptes twitter, des portails netvibes, pour partager une veille entre nous. Il faudra les autorisations parentales, évidemment. Je vous dirai ce que ça donne.

vendredi 27 mai 2016

Les libertés en 4e, un parcours du combattant numérique !

Après 4 classes et moult débriefing, voici le bilan de nos séances sur les libertés en 4e. 
L'idée était de leur faire réaliser un padlet pour appuyer un exposé à l'oral. J'avais suggéré l'utilisation d'outils numériques collaboratifs, pour s'amuser un peu. Je remercie mes deux collègues d'EMC qui ont bien voulu s'amuser avec moi.

RETOUR SUR LES 4 ESSAIS

Clairement, la 1ère classe a essuyé les plâtres numériques !
C'était notre première expérience du padlet, on a eu "quelques" soucis de connexion. Par exemple, le lendemain, les textes écrits la veille n'étaient plus accessibles. Ben oui, il aurait fallu créer un compte pour la classe, et que les élèves soient connectés... Après quelques essais, on a opté pour la création d'une adresse laposte pour chaque classe, avec un mot de passe facile à retenir. Comme ça c'est fait pour 10 ans. Ceci dit, je me suis rendue compte après coup que pour padlet, on peut indiquer une adresse fictive, ce qui pourrait faciliter la tâche.

La 2e classe a eu les mêmes consignes, mais on était au point côté numérique.
Tout s'est donc bien passé. Mais quand on a regardé à tête reposée leurs travaux, et alors qu'on était a priori contents, on s'est rendu compte que c'était d'une grande pauvreté. Le fait de passer directement de google au padlet a créé des exposés beaux, ça y'avait rien à dire, mais vides de sens. Il fallait trouver un moyen de faire passer le sujet par les cerveaux !

Pour la 3e classe, on a présenté les consignes sous forme d'infographie.
On a également essayer de rendre plus concret le sujet, en les orientant vers des grands personnages dont il fallait faire le portrait et indiquer l'engagement pour une liberté. On s'est dit que ce serait plus facile de partir d'un personnage que d'une idée.
On a ensuite intégré une étape "document de collecte collaboratif" sur framapad, une lecture aux tables des recherches imprimées, et ensuite seulement la création des padlets. Le tout en collaboratif. Mais il a fallu rajouter deux heures de travail en classe.

Ce sont les élèves qui ont créé tous seuls leurs documents (cf billet) et les ont rajoutés sur les sommaires de la classe. Il ne fallait pas qu'ils aient les deux pieds dans le même sabot...
Pour l'insérer dans un blog, bon courage ! Pour le voir en vrai
https://padlet.com/4b_mathurin/70bg46lq4qmv 

Tous les liens étaient rassemblés dans un padlet sommaire dans esidoc, donc faciles à retrouver à la maison pour continuer le travail.

Une heure d'étude leur a été réservée (cf une de mes nouvelles modalités de travail), et ils ont été nombreux à venir.

Pour la 4e classe, la seule modification a été le rajout d'une liste de documents à consulter dans l'ordre : dictionnaires papier, encyclopédie en ligne, manuels, livres doc et articles (via esidoc). Tout le monde était soulagés de ne pas être lâchés sur le net, "madame, on trouve rien, on comprend rien !"
Du coup, je vais racheter plein de livres doc et de dictionnaires encyclopédiques !

Quant aux exposés à l'oral, ça a été épique ! C'était a priori les premiers de leur existence... Il aurait fallu prévoir une 2e heure d'étude réservée pour les aider à les préparer.


BILAN 

1er constat : le document de collecte intermédiaire a été déterminant sur la qualité des padlets, les informations nécessaires y étaient, le travail de recherche a été plus abouti, et magiquement, les élèves citent leurs sources !
https://padlet.com/4b_mathurin/Bookmarks

2e constat : l'étape de lecture des documents sur place est à conserver. Il faut les obliger à LIRE ! Et le profdis circule pour les aider à comprendre, trier.

3e constat : même en 4e, il vaut mieux les guider sur les documents à consulter, ne pas les laisser sur google tout de suite. Commencer à l'ancienne, par les dictionnaires, encyclopédies en ligne, documents papier du CDI via esidoc (livres doc, articles de magazines) et manuels.

4e constat : ils ont besoin d'être entraînés à l’oral.

5e constat : quand on prévoit une heure d'étude réservée, ils viennent. Pas tous (heureusement j'ai envie de dire, parce que gérer seule une classe entière sur les ordi, c'est pas de la tarte !!), mais ils ont été globalement sérieux et assidus.

6e constat : ils ont aimé

7e constat, le seul négatif : ce sont les meilleurs élèves qui ont le mieux tiré leur épingle du jeu, ce qu'il faudrait essayer de gommer. La tâche complexe était trop complexe pour les plus faibles.
D'où l'idée de la différentiation dans le cadre de ce type de travail : on pourrait créer des équipes à profil, où les plus forts seraient moins guidés, les plus faibles davantage (sujet plus facile, déroulement du travail plus détaillé, étayages plus fréquents). De l'AP, c'est ça ?


POUR UNE PROCHAINE FOIS 

Une idée m'est venue à l'écoute des groupes à l'oral. On voyait qu'ils étaient perdus, et qu'ils ne voyaient pas trop quoi dire, à part lire leurs textes. On pourrait donc les guider avec un contenu plus structuré (et les habituer à une mobilisation d'idées du même coup) :
- Où ? mettre en évidence le lieu de l'action, avec une carte
- Quand ? mettre en évidence la date
- Qui ? portrait et carte d'identité RAPIDE du personnage concerné
- Quoi ? quel événement, quelle oeuvre d'art, quel discours ?
- Vocabulaire spécifique défini : ségrégation...
- Rattachement clair à un engagement, un combat, à une notion de type "liberté de..." : MLK s'est battu pour l'égalité des droits entre les noirs et les blancs

Je pense que cela simplifierait les choses pour les plus faibles, et simplifierait aussi la présentation à l’oral. Une sorte de carte heuristique illustrée, qui pourrait même s'imaginer à la main. Du coup, exit le padlet.

Et bien, en voilà une belle activité ! Il y a eu plein de ratés, mais les collègues sont OK pour reprendre l'an prochain. On sera rodés, les documents et le déroulé sont prêts, ce sera du gâteau.
Sauf si d'ici là me vient l'idée saugrenue de leur faire tester ThingLink... Non, ça , je le réserve à la prof d'allemand. Elle a eu l'air tentée...